La température des serres

La théorie nous dit que les gaz à effet de serre auraient un effet identique à celui des parois en verre des serres, qui auraient aussi la propriété de renvoyer le rayonnement émis par les sols vers les sols. Le seul problème, c'est que cette supposition fut réfutée en 1909 par le physicien américain Robert William Wood. Il démontra expérimentalement que la chaleur des serres ne vient pas d'un piégeage des rayons infrarouges, mais du fait que l'air des serres ne peut pas s'échapper. Qu'il s'échauffe au contact du sol (par conduction), qu'il monte parce que l'air chaud et plus léger que l'air froid (par convection) et qu'il redescend le long de leurs parois. A chaque nouveau passage et contact avec le sol, il devient un peu plus chaud.


En faisant un trou au sommet d'une serre pour que l'air puisse sortir, et en laissant un espace sur les côtés pour qu'il puisse entrer (figure 2) nous pouvons facilement vérifier que la température au-dessus du sol est identique à l'intérieur et à l'extérieur de la serre. Cela nous prouve que le réchauffement des serres agricoles vient bien d'une conduction et convection et qu'il ne vient pas d'un renvoi du rayonnement infrarouge.

J'ajoute, que si une simple vitre pouvait suffire à réfléchir la chaleur de nos maisons, nous n'aurions pas besoin de les équiper de doubles vitrages ! De doubles vitrages qui ne contiennent d'ailleurs pas des gaz à effet de serre entre leurs vitres, mais des gaz inertes qui ont une conduction thermique moins bonne que l'air.

Mais alors, si la chaleur de nos serres agricoles ne vient pas d'une réémission du rayonnement infrarouge de leur toiture en verre ou en polycarbonate, peut-on faire confiance aux explications disant que la température élevée des nuits où le ciel est couvert viendrait du rayonnement infrarouge émis par la vapeur d'eau des nuages ? Alors que les nuages ne sont pas fait de vapeur d'eau, mais essentiellement d'eau sous forme de fines gouttelettes et de cristaux de glace. Parce que s'il fait plus chaud sous les ciels nuageux, c'est sans doute parce que l'eau des nuages forme une couverture qui empêche l'air de monter. C'est donc bien un effet de serre, mais il ne vient pas d'un aller et retour de photons comme on le croit.
 
De même pour la planète Vénus. Pourquoi dit-on que la température élevée de son atmosphère viendrait d'un réchauffement de son sol par le soleil, alors qu'elle est couverte d'épais nuages d'acide sulfurique qui réfléchissent sa lumière. S'il fait très chaud sur cette planète, c'est uniquement parce qu'elle est un désert sans eau ni végétation, et qu'elle est recouverte de vastes lacs de laves.